En 2025, la Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI) a consolidé son leadership national et local dans la promotion des droits humains, de l’égalité de genre et de la paix durable, malgré un contexte marqué par l’insécurité persistante, les conflits armés et les crises humanitaires répétitives dans l’Est de la République démocratique du Congo.
À travers 22 projets financés par divers partenaires, l’organisation a accompagné 46 355 survivantes de violences basées sur le genre (VBG) dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et de la Tshopo, tout en sensibilisant près de 170 000 personnes à la prévention des VBG et des exploitations et abus sexuels (EAS).
Parallèlement, SOFEPADI a consolidé son rôle stratégique en devenant Co-lead national du sous-cluster VBG, renforcé l’autonomisation économique des femmes, déployé des systèmes d’alerte précoce (SAPRA) pour renforcer la gouvernance locale, engagé hommes, jeunes et communautés dans la transformation des normes sociales et la promotion de la paix durable à travers des dialogues communautaires, et mené un plaidoyer soutenu pour la mise en œuvre de l’agenda femmes–paix–sécurité à l’échelle nationale et locale.
La SOFEPADI a poursuivi sa prise en charge globale des survivantes, intégrant soins médicaux, psychosociaux, juridiques, judiciaires, socioéconomiques et scolaire. En 2025, 4 591 survivantes ont bénéficié de soins médicaux, dont 62 % dans les 72 heures, respectant les standards internationaux.
Sur le plan psychosocial, 36 097 survivantes ont été accompagnées, tandis que 3 214 cas de traumatismes complexes ont bénéficié d’un suivi spécialisé, renforçant la résilience individuelle et communautaire. Le renforcement des capacités des acteurs de première ligne a été poursuivi : 35 agents psychosociaux formés à l’écoute confidentielle et 26 officiers de police judiciaire et magistrats formés sur la législation relative aux violences sexuelles et les mécanismes de lutte contre l’impunité. Ces actions ont contribué à une application plus rigoureuse et sensible au genre du cadre légal national et à un traitement plus efficace des survivantes.
L’accès à la justice a progressé de manière significative : 223 bénéficiaires ont été accompagnés devant les instances judiciaires, aboutissant à 58 jugements et 15 arrêts, dont 50 condamnations. Cette avancée renforce la confiance des survivantes envers le système judiciaire et la reconnaissance de leurs droits.
La réinsertion socioéconomique et scolaire a également été un levier central : 1 630 survivant·e·s ont bénéficié d’activités génératrices de revenus, de formations professionnelles et d’alphabétisation. À cela s’ajoutent 3 161 kits de dignité, 136 kits nouveau-nés et 1 940 kits PEP, ainsi que 15 espaces sûrs fixes et 30 espaces sûrs mobiles mobilisant 1 173 participants.
Par ailleurs, 257 élèves et écoliers déscolarisés ont repris le chemin de l’école, consolidant la reconstruction sociale et l’autonomie des jeunes affecté·e·s.
La prévention des VBG et des exploitations et abus sexuels (EAS) a touché 170 310 personnes, dont 90 366 femmes et filles, à travers 238 séances de sensibilisation. Ces actions, menées avec 36 animateurs/trices, 70 relais de protection de l’enfance et des organisations communautaires locales, ont permis de mettre en place 27 mécanismes de signalement et 12 groupes de dialogue communautaire. Les approches Communities Care et Hommes pour Femmes ont favorisé un changement progressif des normes sociales, renforçant la protection et la résilience des communautés.
L’approche innovante « Mobali po na Mwasi » a sensibilisé 260 hommes à travers 26 groupes de discussion, promouvant la masculinité positive et la responsabilité dans la prévention des VBG. Ces échanges ont permis le référencement de 198 cas vers des points d’écoute confidentiels, démontrant l’efficacité de l’implication des hommes comme acteurs de changement. Parallèlement, 46 groupes Community Care ont consolidé la cohésion sociale et l’engagement communautaire au Nord-Kivu et en Ituri.
L’organisation a utilisé les Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC) comme levier d’autonomisation : 1 480 femmes réparties en 50 AVEC ont été formées en épargne, gestion financière, entrepreneuriat et gouvernance. Un concours de business plans a soutenu 5 projets collectifs (3 à Kayna et 2 à Lubero), financés à hauteur de 3 000 $ chacun, totalisant 15 000 $.
Dans le contexte de crise au Nord-Kivu et Sud-Kivu, 90 participantes ont bénéficié d’un accompagnement individualisé, combinant formation, mentorat et kit de démarrage, permettant à 73 nouvelles participantes de lancer leurs activités et à 17 autres de consolider leurs AGR existantes. Ces actions illustrent l’impact concret de la SOFEPADI sur l’autonomisation durable et le leadership féminin.
La mise en place et la redynamisation de 12 systèmes d’alerte précoce et de réponse adaptée (SAPRA) ont renforcé la gouvernance locale et la prévention des conflits, impliquant 55 membres formés sur la remontée des alertes, l’analyse d’incidents et la coordination avec les autorités locales. Ces dispositifs ont permis un traitement rapide et structuré des alertes, réduisant les risques d’escalade des conflits et consolidant la confiance entre citoyens et institutions.
16 dialogues communautaires ont rassemblé 1 299 participants, dont 299 femmes et filles, à travers des sessions ciblées (jeunes–autorités, intra-communautaires, co-construction de solutions), favorisant la cohésion sociale, l’inclusion et la culture de paix. Dans le cadre de l’approche ASPIRE, 183 personnes ont participé à des évaluations organisationnelles, 39 jeunes ont été formés au leadership et à la gestion des conflits, et 20 initiatives portées par des jeunes ont été identifiées pour un appui futur, consolidant durablement le rôle des jeunes dans la promotion de la paix.
La SOFEPADI a contribué à des plaidoyers en faveur de la mise en œuvre effective de l’agenda Femmes–Paix–Sécurité, de l’adoption de la loi n° 22/065 du 26 décembre 2022 relative à la protection et à la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, de l’adoption d’une loi spécifique sur les violences domestiques, ainsi que de la promotion des quotas féminins dans les instances politiques.
Plus de 80 femmes et acteurs communautaires ont été formés au plaidoyer stratégique, à la médiation et à la négociation sensible au genre. Ces actions ont permis de résoudre trois conflits communautaires majeurs et de restaurer la confiance entre acteurs locaux, tout en consolidant la visibilité des femmes comme actrices de paix.
88 acteurs humanitaires ont été formés sur l’intégration du genre et l’atténuation des risques VBG renforçant ainsi l’intégration de la perspective genre et la prévention des Violences Basées sur le Genre (VBG) dans la réponse humanitaire et la préparation aux urgences.
Stratégiquement, la SOFEPADI a été élue Co-lead national du sous-cluster VBG, consacrant son expertise technique. Cette position stratégique renforce son rôle dans la coordination des acteurs, l’intégration des besoins des survivantes dans les réponses humanitaires et la promotion d’une approche genre systématique.
À Beni et Bunia, 25 femmes défenseures des droits humains ont bénéficié d’un appui psychosocial via des forums, thérapies de groupe et cliniques mobiles. 15 femmes et 5 agents de santé ont été formés au plaidoyer en santé mentale, produisant un plan de plaidoyer et la création d’une coalition engagée. Parallèlement, 45 survivantes de VBG ont reçu un accompagnement adapté dans des points d’écoute sécurisés.
Il sied de signaler que la SOFEPADI a conduit ses actions grâce au soutien constant de ses partenaires, tout en élargissant son réseau de collaborations. L’appui de bailleurs tels que ONU Femmes, International Rescue Committee, Medical Mission Institute – Saint-Joseph (MEMISA), Solidarités International, Conseil norvégien pour les réfugiés, Trocaire, Avocats Sans Frontières, Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Trust Fund des Nations Unies pour mettre fin à la violence contre les femmes, CONCERN, MERCY CORPS, Open Society Africa, START EST, MADRE, Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), Care International, Fonds pour les Femmes Congolaises, Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), Fonds des Nations Unies pour la population, Aurora Prize, Kongo Esengo, Impact Transform, OAK Foundation ainsi que les donations individuelles ont permis de renforcer les capacités opérationnelles de l’organisation et d’améliorer la qualité des réponses apportées. Ces partenariats ont contribué à garantir des interventions pertinentes et responsables, alignées sur les priorités des communautés, notamment dans les domaines de la santé, de la protection, de la cohésion sociale et de la résilience.
La SOFEPADI oeuvre pour la promotion et la défense des droits spécifiques des femmes et des filles.
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