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Mariée par force, Eugénie survit grâce à la réponse multisectorielle.

Mariée par force, Eugénie survit grâce à la réponse multisectorielle.

Dans des pays africains, l’honneur d’une famille passe par la virginité féminine. Les parents marient leurs filles bien avant qu’elles ne soient prêtes à avoir des relations sexuelles afin d’éviter une éventuelle dévalorisation. C’est le cas d’Eugénie, forcée à se marier contre sa volonté.

En fuyant les atrocités de CODECO vers Aungba avec mes parents, j’ai été contrainte à me marier à un homme dont je n’étais pas amoureuse. Mes parents voulaient me voir marier vierge. »   Explique Eugénie.

Dès son union, elle a été victime des coups jour et nuit refusant de faire l’amour à son époux. Elle n’en parlait à personne sauf à sa grand-mère. Cette dernière ne trouvait que des mots pour la conseiller…

Eugénie, en tant que femmes, nous sommes appelées à la soumission, à l’obéissance. Ne refuse jamais le sexe à ton mari. », disait ma grand-mère à chaque fois que je lui parlais de mes problèmes de foyer.

Ecoutant les conseils de sa grand-mère, Eugénie a opté pour les contraceptifs pour éviter de concevoir. Elle ne voulait vraiment pas avoir un enfant avec son mari. “Je n’éprouvais que la haine à l’égard de mon mari. Je n’étais pas amoureuse. », indique-t-elle. 

Son mari en déplacement pendant six mois, Eugénie a arrêté de prendre la pilule. Malheureusement pour elle, elle a été violée par deux hommes se dirigeant au champ à la recherche des fagots.

A la recherche du fagot dans la brousse, j’ai été victime de viol par deux hommes. C’était pendant que mon mari était en déplacement et je n’étais plus sous contraception. Entre la honte et la peur de tomber enceinte j’étais… Moralement abattue, au point que je n’en parlé à personne. Deux mois plus tard, je m’étais rendue compte que j’étais enceinte. », relate-t-elle.

Apprenant la grossesse de sa femme, le mari d’Eugénie la reniée et chassée de chez lui. Ses parents ont décidé la même chose. Elle a ainsi raconté lhistoire à sa grand-mère. Cette dernière la accueillie chez elle et a pris soin delle sans jugement ni discrimination.

Je me suis réfugiée chez ma grand-mère lorsque mon mari m’a demandé de quitter sa maison. Suite au stress que j’avais, ma grossesse n’avait pas survécu. J’avais connu une fausse couche… », regrette Eugénie.

Résident non loin de l’Hôpital général de référence d’Aungba appuyé par la SOFEPADI, Eugénie a été orientée dans cette structure par les conseillers communautaires pour une prise en charge.

Une fois à l’Hôpital général de référence d’Aungba, j’ai bénéficié d’une prise en charge médicale gratuite et en toute sécurité. Avec une assistante psychosociale, j’avais eu des séances qui m’avaient stabilisée moralement. »  

Dès ce jour-là, Eugénie a été rétablie émotionnellement. Elle s’est engagée à parler du viol et ses conséquences à ces pairs pour éviter la même histoire dans sa communauté.

Grâce aux soins reçus à l’Hôpital général de référence d’Aungba, j’ai été totalement déclarée guérie. Dès lors, je me suis engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes et filles au sein de ma communauté. Je donnerai toujours des informations à mes pairs et je les orienterai pour une bonne prise en charge. », déclare-t-elle, sourire aux lèvres.

Une réponse multisectorielle a ainsi permis à la SOFEPADI d’apporter des interventions intégrées en protection contre les violences basées sur le genre notamment la prise en charge médicale, psychologique et santé mentale aux survivants ainsi qu’aux personnes affectées par les conflits armés dans les zones de sante d’aungba, d’jiba, mangala, et bambu en province dIturi grâce à l’appui financier du Fonds Humanitaire RDC à travers UNFPA.

*Pour respect d’anonymat, le nom cité dans ce témoignage a été modifié.

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