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Oriatta, l’histoire d’une survivante.

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Première d’une famille de 7 enfants, Oriatta (nom d’emprunt) a été violée à l’âge de 15 ans. C’est arrivé dans la soirée lors qu’elle se déplaçait à Mavivi suite à une attaque des ADF à Mbau.

« C’était vers 20 heures pendant que je me préparais à dormir que les coups des balles retentissaient dans mon village. », a déclaré Oriatta, « le seul choix était de se déplacer, pour passer nuit à mavivi. Une fois sur place, lorsque mon amie et moi voulions passer nuit à la belle étoile, un garçon, nous a invité chez lui pour y passer nuit. »

Comme il se faisait déjà tard Oriatta et son amie avaient accepté l’offre.« Nous avions accepté l’offre. C’était une chance de trouver d’abris à ces heures-là. Chez lui à la maison, il nous avait servi du jus et du pain. En nous réveillant nous nous sommes retrouvées nues. Le jeune garçon, nous avait drogué et violé toute la nuit… »

Malheureusement, Oriatta n’est pas seule. Depuis plusieurs années, la ville et le territoire de Beni dans la province du Nord-Kivu, à l’EST de la RDC, sont touchés par de conflits armés récurrents, affectant la protection des populations civiles, particulièrement les jeunes adolescentes et enfants.

Oriatta n’a pas raconté ce qui lui est arrivé chez elle à la maison.  « La peur d’être traitée de prostituée et irresponsable a fait à ce que je n’ai pas informé de cet incident de viol à la maison. J’ai été obligée d’en parler, après un mois d’aménorrhée lorsque je me suis rendue compte que j’étais enceinte. »  

Suite à sa grossesse, Oriatta n’a plus continué ses études. Elle est chanceuse de vivre avec ses parents, ses frères et sœurs qui prennent soin d’elle et de son enfant, Mais ce n’est pas facile pour ses parents qui ont Sept enfants à leur charge. Comme beaucoup d’autres familles à Beni ville et territoire, la survie repose sur l’agriculture, cependant, dans des conditions d’insécurité permanente dans la région, cette activité rencontre beaucoup de problèmes.

Avec l’appui financier de l’UNICEF, depuis le mois de juillet 2022, la Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI) procède à l’intégration de la prise en charge holistique des enfants survivants des VBG et EAS dans 16 formations sanitaires, y compris le centre de santé Mavivi dans laquelle Oriatta a été orientée.

« J’ai été référée au centre de santé Mavivi. J’y ai bénéficié de la prise en charge médicale comprenant les soins des consultations prénatales et d’accouchement ainsi que l’accompagnement psychologique. », témoigne Oriatta.

Elle éprouvait un sentiment de peur, de honte et n’arrêtait pas de se culpabiliser. Avec l’aide fournie par l’assistante psychosociale, Oriatta a accouché sans problème. Lors de son accouchement, elle a bénéficié de l’assistance en kit de nouveau née pour bercer son enfant dans des conditions plus au moins acceptables et favorables. Oriatta compte retourné à l’école d’ici l’année prochaine. La SOFEPADI, grâce à l’appui financier de l’UNICEF amorcé des démarches pour sa rentrée de classe.

« Je me sens guéris et je me remets de cette violence sexuelle dont j’ai été victime suite au conflit armés dans ma communauté. J’ai accouché sans problème grâce à appui médical et psychologique que j’ai bénéficié. Mon bébé se porte bien. C’est encore frais dans mon esprit, mais je suis confiante et avec le temps et les bons soins du centre de santé Mavivi, j’espère m’améliorer et retrouver mon état de vie initial. Les personnes qui prennent soins de moi sont impliquées de façon positive. », Raconte Oriatta toute confiante.  

Déjà, à ce premier trimestre du projet, 10 survivantes ont été assistées dans les quatre zones de santé (Beni, Oicha, MUTWANGA et Kamango) où est exécuté le projet de renforcement de la prévention et réponse holistique aux enfants survivants des violences sexuelles et basées sur le genre, d’abus et exploitations sexuelles, dans le contexte de crise humanitaire. Cette assistance permettant ainsi de contribuer au bon développement, bien-être physique et sanitaire de jeunes filles.